Demain, tous flexitariens ?

Published On: 05 février 2021Tags: ,
consommer moins de viande en devenant flexitarien
Flexitarien ? Mais qu’est ce donc que ce néologisme pour cataloguer un nouveau type de consommateurs de viande ? Décryptage…

Flexitarien : définition

Un flexitarien est un omnivore à tendance végétarienne ou plutôt un végétarien à tendance omnivore….pas plus clair pour vous ? Alors je recommence avec l’aide de mon ami ROBERT, qui a intégré le terme en 2018 : “mot-valise, de flexible et vegetarien – Qui limite sa consommation de viande, sans être exclusivement végétarien.

Ce concept est apparu dans les années 90 aux Etats-Unis. Le point de départ viendrait de l’action militante du journaliste Mark Bittman, défendeur de la cause animale, auteur de nombreux ouvrages sur les conséquences de la production industrielle de bœufs et de poulets et inventeur du terme. La notion a depuis évolué avec les scandales alimentaires comme la vache folle, les vidéos choquantes d’abattoirs et les prises de conscience écologiques.

Lorsque que l’on devient flexitarien (souvent sans mettre de nom sur la démarche) on le fait, pour préserver sa santé et/ou pour des raisons éthiques et environnementales.

Flexitarisme vs. surconsommation de viande !

Les derniers chiffres communiqués dans des campagnes de prévention en France datent de 2002, avec le lancement du fameux “manger-bouger”. Le Haut Conseil de la Santé Publique prépare alors une communication basée sur de nouveaux repères visant à couvrir les besoins nutritionnels, tout en prévenant les risques de maladies chroniques liées à certains aliments mais… se heurte à de nombreux lobbies.

Il recommande ainsi de manger moins de viande et de “réduire considérablement” les charcuteries. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire préconise de ne pas consommer plus de 70g/jour de viande soit un maximum de 25 kg/an, alors que les américains, rois du barbecue, revendiquent plus de 100kg/habitant/an. 

infographie flexitarisme

L’impact environnemental de la consommation de viande

La production de viande a été multipliée par 5 entre les années 1950 et les années 2000 ; 80 % de l’alimentation animale vient de cultures qui conviendraient à l’alimentation humaine et 60% de la production mondiale de céréales est consacrée à l’élevage industriel, alors qu’elle pourrait être utilisée pour alimenter les millions d’humains victimes de malnutrition.

Il faut différencier l’élevage raisonné de l’élevage intensif qui nécessite de très grandes quantités de nourriture et donc indirectement de grandes étendues de terres cultivables. En France, ce sont près de 78 % des terres agricoles qui sont utilisées directement ou non pour l’élevage.

Pour produire 1kg de boeuf, il faut 70m2 de terre cultivable, 15kg de céréales et 15 000 litres d’eau ! Sans parler des gaz à effet de serre produits : environ 18 % des émissions d’origine humaine !

La première cause en est l’énorme gaspillage qui consiste à produire de la nourriture pour des animaux… qui servent de nourriture aux humains ! Cette nourriture est produite souvent à l’autre bout du monde, de manière intensive, et importée. C’est le cas du soja, d’ailleurs presque exclusivement OGM, et dont la culture repose sur une déforestation intensive de l’Amazonie. L’élevage est responsable de 9 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) à l’échelle mondiale parce que la production de la nourriture animale implique engrais et équipements agricoles, et parce que la déforestation massive liée à cette production fait disparaître d’immenses puits de carbone naturels.Diminuer notre consommation de viande a donc un impact direct et significatif sur la pollution humaine, sur l’environnement et la préservation des ressources.

Mangeons moins de viande…

… mais y a-t-il un risque sur la santé ? Réponse : non, mais il faut être vigilant sur l’équilibre de ses apports en protéines. Pour le professeur François Mariotti, professeur en nutrition à AgroParis Tech, interrogé par le magazine “Culture Bio” : “Tout dépend par quoi on remplace la diminution de consommation de viande ! Si c’est pour revenir à plus de végétal, comme le régime méditerranéen, c’est plutôt favorable. Si c’est juste pour enlever la viande mais consommer plus de produits industriels, alors non ! On peut n’en manger qu’une fois par semaine, c’est largement suffisant si l’on consomme aussi du poisson, des œufs, des produits laitiers et beaucoup de végétaux dont des légumineuses. Il faut raisonner son alimentation pour déterminer ses sources de protéines et ses apports en nutriments notamment le fer et le zinc.”

• Par CLÉMENT, co-fondateur de Little
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