La qualité de la relation en structure d’accueil

Published On: 30 septembre 2021Tags: ,

La qualité de la relation

Aujourd’hui la qualité de la relation est au centre des actions des professionnel.les de la petite enfance. Communication, échange et liberté de parole en sont les éléments essentiels. Sophie, directrice du multi-accueil les Bidibulles à Portets, nous fait part de son point de vue ainsi que ses actions pour appliquer au quotidien une bonne qualité de relation.

Nous savons que la qualité des relations entre les parents//professionnel.les//enfants te tient à cœur. Pour toi, quelle est ta définition de cette qualité de la relation au sein d’une crèche ?

Nous sommes une structure qui accueille des jeunes enfants de 2 mois et demi à 3 ans et je dis souvent que l’enfant ne vient pas tout seul à la crèche en trottinette ! Il a sa propre culture, ses propres besoins. L’enfant est unique pour ses parents. Certes, nous accueillons l’enfant tout seul la journée à la crèche mais celui-ci fait partie intégrante de sa famille. C’est pourquoi, pour moi, la qualité de la relation avec sa famille est au cœur de nos préoccupations, autant que son développement et son quotidien au sein de la crèche.

La qualité de la relation se définit d’abord par la communication, par notre écoute en tant que professionnel.les envers les familles qui ont fait le choix de ce mode de garde pour leur enfant.. En tant que directrice de crèche, je mène le projet avec l’équipe. Pour moi la qualité de la relation commence par le  non-jugement de leur histoire, de leur chemin de famille, de leur histoire de parent. Cette communication est d’autant plus riche si l’on connait bien l’enfant.

Si l’on connait bien l’enfant, que l’on a une relation authentique avec lui, nous pouvons transmettre à sa famille toutes les petites actions qu’il a accomplies dans son quotidien. Nous jouons avec l’enfant, partageons des moments de plaisir ou d’accompagnement avec lui, et notre rôle est de  transmettre aux familles ces temps. La relation entre le parent et le professionnel part de là.

Selon toi, aujourd’hui, quels sont les freins à cette qualité de la relation entre les parents, les professionnel.les ainsi que les enfants ?

Le frein majeur reste parfois la première rencontre. En effet, nous restons une institution, une structure d’accueil avec un règlement de fonctionnement. Nous sommes d’abord liés aux parents via un contrat, des procédures administratives. Aujourd’hui, notre rôle en tant que professionnel.e de la petite enfance est de trouver une solution pour ne pas créer ce frein. Ces solutions représentent des actions quotidiennes simples. C’est-à-dire des échanges en toute transparence, de la communication bienveillante, être à l’écoute.

Il faut créer des temps pour les familles, au-delà de l’accueil de leurs enfants comme des « Cafés Parents » ou des réunions thématiques sur des questions, préoccupations qui viennent d’eux. L’objectif est de solliciter les parents pour connaître leurs besoins. Ainsi, nous pouvons par exemple leur proposer de participer aux ateliers d’exploration des enfants. ou les inviter à passer du temps le matin ou le soir à jouer ou simplement s’asseoir avec les enfants. Ce n’est simplement pas une relation passagère (« Bonjour », « Au revoir », « Merci ») mais bien donner une place aux parents pour le bien-être de leur enfant mais aussi beaucoup pour celui de la famille. Les parents ont aussi le droit d’apporter des photos de famille pour leur enfant. Ainsi, même si les parents ne sont pas là physiquement, l’enfant peut parler librement d’eux.

Par ailleurs, nous parlons aussi de l’insertion des familles sur le territoire. Nous aimons les inviter sur des temps de petites sorties afin de leur donner une place aussi dans les activités proposées par la ville. La nouveauté cette année est la mise en place des conseils de crèche où les parents peuvent s’inscrire. Même les professionnel.les ont besoin d’eux afin de faire grandir et évoluer le quotidien au sein de la crèche.

Chez nous, les parents sont une priorité et nous sommes là pour les accompagner.

Qu’est-ce que tu peux nous dire aussi concernant la qualité de la relation mais entre les professionnel.les ?

Pour moi, ce qui prime c’est la communication professionnelle, le « faire ensemble ». Aujourd’hui, je suis directrice mais faire participer les professionnel.les est une chose essentielle. Je ne veux pas instaurer un climat d’autorité mais du dialogue et de la prise de décision collégiale. Mon but est de les faire participer aux décisions, qu’elles soient communes et réfléchies ensemble.

En tant que directrice, je me dois de vivre ce qu’il.elle.s vivent, participer au quotidien en étant aussi avec les groupes d’enfants. Je suis aussi dans l’empathie et l’écoute de ce qu’il.elle.s peuvent vivre avec les enfants et les parents. L’objectif est que les professionelLes se sentent libres dans leur parole, leurs interrogations, leurs besoins. Nous souhaitons créer du lien que ce soit entre les parents et les professionnel.les mais aussi entre nous.

Aujourd’hui, mon équipe me raconte beaucoup les petits moments du quotidien En effet, n’étant pas régulièrement avec elles.eux sur le terrain, cela me permet de rester en contact et maintenir cette qualité de la relation. Les moments d’échanges même s’ils sont brefs que ce soit entre professionnel.les ou avec les parents ont toujours beaucoup d’importance et sont très riches. Toutes ces actions montrent que chacun a le droit à la parole et que les mots sont écoutés et transmis dans leur entièreté. Bien évidemment, nous avons aussi nos temps d’équipes (observations, réunions, échanges ..) qui sont essentiels.

De plus, si un.e professionnel.le n’est pas à l’aise avec une certaine activité et bien ce n’est pas grave. L’écoute passe aussi par là. Nous sommes attentifs aux difficultés et envies de chacun afin d’avoir des temps de travail appréciés de tous et cohérents avec les besoins des enfants. Ainsi, le temps est maximisé pour la qualité des relations.

Comme je vous le disais, l’enfant est vraiment au centre de nos préoccupations. L’enfant a une place entière. Ils ont tous des besoins différents dans un collectif mais nous sommes là, avec eux pour les écouter et les accompagner. Nous avons une belle estime de l’ensemble des enfants que nous gardons. Nous faisons confiance à l’enfant et nous sommes garants de la bonne estime qu’il aura de lui-même. Nous croyons l’enfant capable et compétent et nous faisons confiance aux familles.

Tout à l’heure nous avons mentionné la réglementation. Si tu pouvais la changer à l’aide d’une baguette magique, quel serait ton premier vœu ?

Je souhaiterais augmenter le nombre de professionnel.les. Pas un pour 8 enfants, mais 1 pour 5 enfants. En effet, plus nous serions nombreux.ses, plus nous pourrions créer ces temps d’échanges et partager le quotidien des enfants. Je suis convaincue que les responsables des structures peuvent trouver la possibilité d’être au cœur du métier tout en effectuant les tâches administratives, il faut pour cela l’intégrer dans nos fiches de poste. Aujourd’hui nous avons quand même la chance de pouvoir, dans ma structure, créer des temps supplémentaires pour les professionnel.les et cette qualité de la relation.

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